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MASQUES À JAZZ

Port-folio en héliogravure, édition limitée à 200 exemplaires pour l'édition blanche en boîte cartonnée et 10 exemplaires pour l'édition noire en boîte toilée.

Avec un texte de Jean-Claude Charles.

Éditions de l'Échiquier d'Art 1990

"Dans un sas enfumé ou hors de lui, capables même de s’attacher à la laideur, juste pour l’art, ils échappent aux incendies de la ville, à ses labyrinthes. Ils tiennent debout sur le « navire night » sans perdre pied. Parfois c’est vrai ils perdent pied. Le pays de la joie est leur demeure. Parfois c’est vrai ils se trompent d’adresse, la tristesse colonise leurs yeux. Au bout de l’impasse, ils entendent un air de blues : ils ne savent pas toujours dire, lorsque l’ancien disparaît sous la rage d’une trompette et que s ‘érige à nos oreilles le nouveau, si l’on a perdu un trésor ou de la pacotille. Certes il y a les critiques. Bah, les critiques ( geste las de la main). Un coup de pavé jamais n’abolira le hasard de l’expérience concrète ? On saisit le tableau à mesure. Leur chance est dans un possible surcroît de tolérance et d’imagination face à la modernité en général. N’ayant pas une fréquentation fossilisée du passé (pas toujours, m’enfin), n’étant guère prisonniers de pesanteurs du jour, ils ouvrent à leurs risques et périls à l’aventure de l’oiseau : « L’oiseau, de tous nos consanguins le plus ardent à vivre, mène aux confins du jour un singulier destin. Migrateur, et hanté d’inflation solaire, il voyage de nuit, les jours étant trop courts pour son activité ». Ainsi, récitant Saint-John Perse, au petit matin, retrouvant aussi mes propres phrases, « à travers des rues étroites et mal éclairées entre de hautes maisons aux façades aveugles » …elle trébuche, s’accroche à mon bras, watch your step baby ! Les filles qui aiment le jazz cassent souvent le talon d’une chaussure…"

Jean-Claude Charles

 
 
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